Depuis la légalisation du cannabis récréatif au Canada, rien n’a beaucoup changé. Les routes sont toujours aussi sécuritaires, les urgences ne sont pas remplies de patients en panique, les citoyens consomment de manière responsable et malheureusement, le crime organisé s’en met toujours plein les poches. Des entrepreneurs de l’Ouest canadien croient que leurs livraisons de cannabis à domicile pourraient changer la donne à ce sujet.

Un terreau fertile pour les entrepreneurs

Contrairement au Québec, les gouvernements de la Saskatchewan et du Manitoba sont favorables aux entrepreneurs qui désirent faire partie de l’industrie du cannabis. Afin de faire compétition aux revendeurs illicites, des compagnies innovatrices désirent livrer du cannabis à domicile le jour même de la commande.

Adam Coates est le chef des opérations commerciales chez Westleaf, la compagnie qui opère la chaîne de magasins Prairie Records. Ce dernier explique qu’une fois qu’un client passe sa commande, il a l’option de se faire livrer son cannabis en une ou deux heures. Ce service est offert depuis mars dernier, et la compagnie Pineapple Express est chargée de procéder aux livraisons. Une fois qu’un client passe sa commande en ligne, le livreur de Pineapple reçoit une notification via une application spécialisée. Il doit aller chercher le précieux colis au centre de distribution de Prairie Records, pour ensuite se précipiter chez le client impatient de goûter à sa dernière acquisition. Évidemment, ce dernier doit prouver qu’il a l’âge légal de commander du cannabis. Il est donc nécessaire de fournir une pièce d’identité avant de payer.

Un service qui fait compétition aux revendeurs

Ce service moderne et efficace fait déjà le bonheur des clients de certaines régions de l’Ouest canadien. Par contre, plusieurs autres provinces hésitent à se lancer dans une telle entreprise. L’objection soulevée de manière récurrente est que la prolifération des compagnies de livraison pourrait contaminer le marché légal avec du cannabis qui provient de sources non autorisées.

Malgré tout, Adam Coates est confiant pour l’avenir de son service de livraison. Il explique qu’en moyenne, son service gère de 10 à 30 commandes par jour. Coates croit que le cannabis est encore une nouveauté et que plusieurs clients préfèrent encore se rendre dans les boutiques pour profiter des conseils d’experts. Cela dit, lorsque les consommateurs seront familiers avec leurs variétés préférées, la demande pour un tel service de livraison rapidement va s’accroître. Ultimement, l’objectif est d’étendre ce service aux plus grosses provinces comme l’Ontario. Bien que le gouvernement local n’autorise toujours pas de telles livraisons, Coates estime que les livraisons légales permettent de retirer des revenus des mains des trafiquants. Il s’agit effectivement d’un argument de poids qui pourrait faire pencher la balance en faveur de l’entreprise privée.

Sources :

Business.financialpost.com