Un analyste canadien suggère que les Canadiens nageront bientôt dans une mer de cannabis. Après une première année de légalisation caractérisée par une pénurie généralisée, nous risquons de faire face à des surplus importants. Ce phénomène étonnant pourrait se concrétiser dès l’hiver 2020.

Une prédiction osée

Chris Damas est spécialisé dans l’analyse de l’industrie du cannabis. Il a d’ailleurs récemment contribué à la rédaction du BCMI Cannabis Report. Selon lui, la capacité de production du Canada est sur le point d’exploser. Il calcule que pendant le premier quart de 2019, 76 112 kilogrammes de cannabis furent produits. Cette quantité pourrait grimper à 150 000 d’ici le dernier quart de l’année.

Si cette prédiction est correcte, nous ferons effectivement face à un problème. En effet, une telle quantité de cannabis serait suffisante pour approvisionner 617 dispensaires à raison de 20 kilogrammes par semaine. Or, il serait surprenant que plus de 400 dispensaires soient approuvés d’ici la fin de l’année 2019.  Nous risquons donc de nous retrouver avec plusieurs milliers de kilogrammes de cannabis en surplus!

Des solutions drastiques

Si la prédiction de Chris Damas se réalise, il deviendra nécessaire de détruire toute cette biomasse inutilisable. Effectivement, le cannabis se détériore même dans des conditions de stockage optimales.  Nous ne pouvons donc pas le conserver assez longtemps pour qu’il soit traité par les laboratoires d’extraction de cannabinoïdes dans des délais raisonnables.

Mentionnons que les producteurs canadiens ne révèlent pas systématiquement les quantités de cannabis produites. C’est notamment le cas du groupe Cronos. Les calculs de monsieur Damas sont donc basés sur des estimations et des anecdotes. Certains propriétaires de dispensaires albertains ont d’ailleurs confié à l’analyste que l’Alberta Gaming, Liquor and Cannabis agency leur accorde déjà deux fois plus de cannabis qu’au début de l’année.

Cela dit, d’autres analystes parviennent également à des conclusions similaires. Les experts ne s’entendent seulement pas sur le moment où la production excédera la capacité de traitement.

Sources:

Business.financialpost.com