Bien que l’épidémie de SIDA qui faisait des ravages lors des dernières décennies soit en partie contenue, ce syndrome continue de faire des ravages partout dans le monde. De nos jours, les personnes touchées reçoivent des médicaments antirétroviraux. Cela dit, comme ces traitements peuvent entraîner des effets secondaires qui rappellent ceux de la chimiothérapie, le cannabis devient un complément naturel très intéressant.

Le VIH et ses effets dévastateurs

Le VIH est un virus qui fit son apparition pendant les années 1970 en Afrique. Les personnes touchées doivent traiter quotidiennement cette condition médicale. Si le traitement est suspendu, le VIH va se transformer en SIDA (syndrome d’immunodéficience acquise) et éventuellement entraîner la mort. Ce virus incurable touche 1,3 million de personnes en Amérique du Nord.

Bien que les médicaments antirétroviraux d’aujourd’hui soient d’une grande efficacité, ils tendent également à causer des malaises importants aux patients traités. Ces derniers rapportent souvent souffrir de nausées, de pertes d’appétit ou encore de fatigue chronique. Au niveau psychologique, il n’est pas rare que l’anxiété et la dépression s’installent chez ceux et celles qui sont atteints du VIH. Dans de telles conditions, il est difficile de poursuivre les traitements au quotidien. Cela dit, certains éléments nous laissent croire que le cannabis serait particulièrement indiqué pour faciliter le processus.

Une plante aux nombreuses vertus

Peu importe si une personne souffre d’une condition sévère comme un cancer ou de simples douleurs chroniques, le cannabis s’impose déjà comme une solution de choix. En effet, les cannabinoïdes comme le THC et le CBD qui se trouvent dans cette plante permettent d’améliorer la qualité de vie de milliers de patients au quotidien. Le cannabis peut entre autres réduire les nausées, diminuer les douleurs, l’anxiété et stimuler l’appétit. Bref, les principaux maux qui affligent ceux et celles qui sont médicamentés pour le VIH. Si au départ ce phénomène était simplement anecdotique, les chercheurs se sont penchés à quelques reprises sur le sujet au cours des dernières décennies. Les résultats sont d’ailleurs très encourageants.

Premièrement, il semble que la consommation de cannabis améliore l’état psychologique de ceux et celles qui sont atteints du VIH. Lors d’une étude qui date de 2004, 254 volontaires atteints du VIH furent interrogés à propos de leur consommation de cannabis. De ce nombre, 57% d’entre eux affirmèrent que le cannabis permettait de réduire les niveaux d’anxiété et de dépression. 33% des répondants mentionnaient ressentir plus de plaisir au quotidien. Finalement, 53% affirmèrent avoir un meilleur appétit.

Alternativement, une autre étude menée en 2005 suggère que la consommation de cannabis pourrait aider les patients à mieux tolérer les médicaments antirétroviraux. Bien qu’il soit difficile d’établir une relation de cause à effet, les responsables de la recherche estiment que les propriétés anti nauséeuses du cannabis sont particulièrement prometteuses. Les volontaires qui utilisaient cette plante pouvaient consommer leurs médicaments d’ordonnance sur une plus longue période que la moyenne. Les autres sujets devaient souvent interrompre temporairement leurs traitements en raison des effets secondaires déplaisants.

Comme le cannabis médical est de plus en plus utilisé partout dans le monde, des fonds de recherche sont distribués pour mieux comprendre cette plante. L’University of Florida a reçu en 2017 la somme de 3,2 millions USD afin de mener une étude qui éclaircira la relation entre le VIH et le cannabis. Cette recherche sera la plus ambitieuse à être menée sur le sujet, et elle va s’échelonner sur cinq ans. Le docteur Robert Cook sera responsable de diriger cet ambitieux projet. Il explique que les recherches préliminaires suggèrent que les patients infectés par le VIH qui consomment du cannabis semblent avoir une plus faible concentration du virus dans leur sang que la moyenne. Le docteur Cook se dit très curieux de déterminer si ce phénomène est relié d’une manière ou d’une autre à la consommation de CBD ou de THC.

Rappelons que pour le moment, comme le cannabis est encore considéré comme une drogue de classe 1 aux États-Unis, cette substance ne peut pas être remboursée par les assurances. Les médecins ne peuvent pas non plus en prescrire à leurs patients. Dans ce contexte, la légalisation du cannabis au Canada risque de jouer un rôle clé dans la compréhension des vertus thérapeutiques de la plante.

Sources :

NCBI.nlm.nih.gov #1

NCBI.nlm.nih.gov #2

VeryWellHealth.com

TheGrowthOp.com

PasseportSante.net

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