En 2014, aux États-Unis, l’armée défendait à ses soldats de manger des produits à base de chanvre. La crainte était qu’ils pourraient nuire au résultat de leur test de dépistage des drogues.

Un simple prétexte

Aussitôt la nouvelle annoncée, des dizaines de scientifiques ont fait passer le fameux test d’urine à différents cobayes après leur avoir demandé deux choses. Premièrement, les sujets devaient manger une grande quantité d’aliments à base de chanvre. Ensuite, ils devaient appliquer généreusement lotion et autres produits de beauté fabriqués avec l’huile de cette même plante un peu partout sur leur corps.

Résultat : tous les cobayes ont passé leur test de dépistage avec succès! Les scientifiques d’ont pu détecter aucune trace de THC (le cannabinoïde psychoactif du pot) dans leur urine. Bien que le cannabis et le chanvre proviennent de la même plante, ce sont deux variétés à la composition très différente.

Quelle serait donc la vraie raison derrière cette interdiction chez les militaires? L’argent, encore et toujours. En sonnant ainsi l’alerte dans les rangs de l’armée, on envoie du même coup un message à la population générale, rappelant que le cannabis, c’est « dangereux ».

Hé oui, car c’est bien connu, la prohibition, c’est payant. Et tant que le cannabis restera illégal ou marginalisé, le gouvernement pourra l’entourer de lois qui lui permettent de garder plus de contrôle sur la production et de taxer en double les rares producteurs auxquels il accorde le droit de culture.

La graine de chanvre

Le chanvre industriel est celui que l’on retrouve sur les tablettes des épiceries comme dans les textiles. Suivant la loi sur le cannabis, il ne renferme pas plus de 0,3% de THC. C’est pourquoi les tests de dépistage parfois demandés par les employeurs ont très peu de chances de déceler une présence aussi infime. En effet, il est peu probable que la quantité de THC ingérée affecte le résultat du test. Et ce même si vous mangiez un sac complet de graines de chanvre.

Les lois concernant la légalisation du cannabis au Canada n’entreront en vigueur qu’à l’été 2018. Cependant, Santé Canada autorise depuis longtemps la vente et la consommation de graines de cannabis justement parce qu’elle juge qu’elles ne contiennent pas de quantité décelable de THC.

Pas d’inquiétude

Vous devez bientôt passer un test de dépistage? Par précaution, vous pourriez mentionner au préalable que vous consommez des produits du chanvre. Vous pourriez aussi tout simplement stopper votre consommation de chanvre dans les jours précédant le test. Quoi qu’il en soit, aucune expérience jusqu’à présent ne prouve que votre résultat pourrait en être affecté de façon négative.

Vous pouvez aussi chercher sur l’emballage de vos produits à base de chanvre préférés le symbole en forme de goutte d’eau. Celui-ci assure que le produit a été testé et ne représente qu’une source négligeable de THC. Aussi, n’achetez que de producteurs réputés du Canada et des États-Unis. C’est là où les lois sur la culture du chanvre industriel sont les plus strictes.

Plusieurs compagnies offrent des huiles de CBD (un cannabinoïdes aux multiples propriétés médicinales) fabriquées à partir du chanvre comme supplément naturel. Certaines d’entre elles vont jusqu’à garantir l’absence complète de THC dans leurs produits. D’autres assurent que leurs clients puissent passer leur test de dépistage sans inquiétude.

Dans tous les cas, les niveaux de THC dans le chanvre industriel sont naturellement très bas (jamais plus de 1,5%). Les lois gouvernementales canadiennes et américaines empêchent d’ailleurs les producteurs de vendre du chanvre en contenant plus de 0,3%. Le pourcentage varie dans les autres pays où le chanvre est cultivé. Cependant, le principe reste le même. L’objectif d’un test de dépistage est de déceler la présence de drogues comme le cannabis, dont le taux de THC varie de 5% à 10% et parfois plus. Ce n’est certainement pas de taper sur les doigts de ceux qui ont le plaisir de consommer les produits du chanvre.

 

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