Nouvelle plante à la mode, le chanvre est celui qu’on veut retrouver sur l’étiquette de nos vêtements comme dans nos assiettes! Chouchou des communautés « grano » depuis déjà plusieurs années, ses graines ornent nos pâtes et nos salades pour leur haute teneur en protéines, en acides aminés et en vitamines. Quant à ses tiges, elles servent autant le domaine de la papeterie, des soins de beauté, des détergents et du plastique que de la construction.

Mais le phénomène ne date pas d’hier. Saviez-vous que le chanvre cultivé a été l’une de nos premières cultures en tant que civilisation? Provenant de la même plante que la marijuana, communément appelée le Cannabis Sativa L., de la famille des Cannabaceae, le chanvre cultivé se distingue du pot par sa faible teneur en tétrahydrocannabinols (TCH) et autres cannabinoïdes.

Qu’est-ce que le THC? C’est cet élément psychoactif qui rend high celui ou celle qui fume un joint et sert d’anti-douleur lorsque pris comme traitement.

Il existe de nombreuses différences entre les deux variétés de cette même plante, mais la principale reste que celle qui produit le chanvre industriel ne contient qu’entre 0.3% et 1,5% de THC alors que celle qui est la plus utilisée pour la production de marijuana en contient souvent entre 5% et 10%.

Pourquoi?

Parce que la marijuana est surtout cultivée pour les fleurs et les bourgeons de ses plants femelles, là où se forme la précieuse résine riche en THC, tandis que le chanvre n’est pas cultivé pour produire des bourgeons et regroupe sans distinction les plants mâles et femelles.

Alors comment être certaine que notre chanvre ne contient pas de THC? Hé bien il en contient très certainement. En infime quantité.

En fait, pour ressentir ne serait-ce qu’un début d’effet psychoactif en consommant du chanvre, il faudrait en fumer de 10 à 12 joints en un très court laps de temps. Contrairement au cannabis, le chanvre est sans danger pour les nourrissons comme pour nos animaux domestiques. Il leur apporte même de nombreux suppléments dont ils ont besoin!

La recherche

C’est en 1971 que le chercheur Dana Larsen établit la limite à 0,3% de THC pour différencier le cannabis du chanvre industriel. Depuis, à cause de la propagande anti-cannabis, chaque pays ne cesse de redéfinir ce pourcentage et ses barèmes, condamnant des agriculteurs de chanvre de plusieurs générations pour découvrir ensuite que les pauvres n’avaient rien à se reprocher.

Pourtant, on peut différencier les deux cultures à l’œil nu uniquement par l’endroit choisi pour la plantation et l’aspect des plants. Le cannabis a besoin de pousser dans un environnement chaud et humide pour produire une quantité suffisante de THC, alors que le chanvre industriel pousse généralement en rotation avec le maïs dans les champs où le délicieux légume a déjà fait ses preuves. Et alors que les plants de cannabis s’étalent en largeur, n’atteigne qu’environ 5 mètres de haut et demande énormément d’espace, les plants de chanvre poussent serrés les uns contre les autres et en hauteur, jusqu’à 20 mètres, pour fournir leur fibre naturelle des plus résistantes et des plus durables.

Malgré tout, les gouvernements entourent la culture ancestrale du chanvre de permis extrêmement difficiles à obtenir et de mesures de sécurité obligatoires tels que clôtures, barbelés, gardiens de sécurité et chiens de garde.

Bref, impossible de s’assurer que le chanvre ne contient aucune trace de THC, mais les restrictions gouvernementales sont suffisamment strictes pour chasser toute inquiétude à ce sujet. Si vos doutes persistent, optez pour le chanvre produit au Canada ou aux États-Unis, là où les standards concernant le THC sont les plus élevés, et recherchez sur l’emballage le symbole en forme de goutte d’eau certifiant que le produit a été testé et qu’aucune trace du cannabinoïde n’a pu être détectée.

Dans tous les cas, le faible pourcentage de THC présent dans le chanvre industriel ne peut en aucun cas être considéré comme un risque et il faudrait plutôt concentrer nos efforts à éduquer et à sensibiliser la population à cette agriculture durable qui ne requiert aucun pesticide ni herbicide, est source importante de protéines, produit 4 fois plus de fibres par acre qu’une plantation de pins, peut être recyclé jusqu’à 7 fois et pourrait devenir un véritable moteur économique si seulement on cessait de démoniser son cousin psychotrope.