Au Canada, il est encore interdit d’utiliser les cannabinoïdes présents dans le cannabis, à moins de travailler directement pour Santé Canada. Chaque année, les cultivateurs de chanvre doivent donc jeter des centaines de milliers de kilos de résine afin de se soumettre à la loi. Ce gaspillage apparaît encore plus insensé lorsque l’on sait que cette résine riche en CBD pourrait permettre une utilisation médicale du cannabis pour guérir ou soulager des gens qui en ont cruellement besoin partout au pays.

Utilisation sous estimée

Les ressources sont là, disponibles, mais les mentalités tardent à s’ouvrir après des dizaines d’années de prohibition. Si on utilisait la plante dans son intégralité, et pas seulement pour ses graines, de plus en plus populaires chez les adeptes d’une saine alimentation, on pourrait créer des tonnes de choses utiles pour les milieux de la construction, du textile et surtout, de la santé.

On commence à peine à explorer le potentiel immense du chanvre. Cependant, on laisse pour l’instant de côté les cannabinoïdes. Pourtant, ces composés organiques peuvent servir de base pour la fabrication de médicaments extrêmement variés. On peut également simplement les fumés ou les consommés sous la forme d’huiles ou d’infusions pour traiter une foule de maladies.

L’utilisation médicale du cannabis

Voici une liste non-exhaustive de maladies et symptômes pour lesquels l’utilisation médicale du cannabis a déjà fait ses preuves :

  • Cancers > Active l’autophagie des cellules cancéreuses (c’est-à-dire qu’elles se mangent et s’anéantissent elles-mêmes!)
  • Trouble du déficit de l’attention avec sous sans hyperactivité (TDA et TDAH) > Produit un effet calmant
  • Nausées et vomissements causées par le VIH-sida ou par la chimiothérapie > Contrôle la digestion et redonne l’appétit
  • Anorexie mentale > Redonne l’appétit et construit de nouveaux schémas de pensée par neurogenèse
  • Sclérose en plaques, paraplégie et maladie de Parkinson > Diminue la douleur et les tremblements en aidant à relâcher les muscles
  • Migraines, arthrite et autres douleurs chroniques > Agit comme analgésique pour réduire la douleur et l’inflammation sans risque d’overdose ni de dépendance physique
  • Dépendances à l’alcool ou aux opiacés > Réduit le stress et les symptômes de sevrage liés à la cure de désintoxication
  • Troubles du sommeil ou de l’anxiété, dépression, troubles bipolaires et autres syndromes psychiatriques > Traitement bénéfique ou néfaste selon le cas

Source : UFCM-I-Care (l’Union Francophone pour les Cannabinoïdes en Médecine)

En dépit de ces résultats d’études encourageants, la consommation de cannabis n’est toujours pas officiellement recommandée par Santé Canada.

Mais dès l’entrée en vigueur du nouveau règlement canadien concernant la légalisation de la marijuana, le 24 août 2018, les patients ayant l’autorisation d’un médecin pour consommer du cannabis médical auront le privilège de pouvoir faire pousser leurs plants eux-mêmes ou avec l’aide de quelqu’un qu’ils auront choisi, à partir d’une trousse de démarrage fournie par l’organisation canadienne.

Cette mesure devrait faire baisser les coûts du cannabis médical en plus de rendre sa consommation plus accessible.

Heureux de cette nouvelle, les Canadiens continuent malgré tout de faire pression sur le gouvernement pour que tous puissent bénéficier de l’utilisation intégrale de la plante et que cesse définitivement le gaspillage de cette ressource naturelle unique.

Le jour où les cannabinoïdes (THC, CBD et CBN pour ne nommer que ceux-là) seront reconnus à leur juste valeur, ce sont les cultivateurs, les chercheurs, le système de la santé ainsi que l’ensemble de ses patients qui en sortiront gagnants!