Est-ce que les aliments à base de cannabis sont trop appétissants? C’est la question posée par un médecin américain. Selon lui, ces produits posent un risque certain pour les enfants. Cet avis est d’ailleurs partagé par Santé Canada.

Comment résister à la tentation?

Il suffit d’entrer dans une boutique de bonbons, et vos sens seront assaillis par les bonnes odeurs et les couleurs criardes des friandises. Si même les adultes ont de la difficulté à résister à une telle tentation, un enfant succombera presque assurément à l’envie de s’empiffrer! C’est justement ce qui inquiète le docteur Peter Grinspoon, un médecin qui enseigne à la Harvard Medical School.

Selon ce professionnel de la santé, il est important de faire la différence entre un médicament et une friandise. Le docteur Grinspoon croit que si les aliments au cannabis sont prescrits à des malades, ils ne devraient pas être particulièrement appétissants. Lorsqu’il a fait cette remarque via son compte Twitter, il a rapidement été accusé d’être un conservateur borné digne de l’époque de Reefer Madness. Or, monsieur Grinspoon propose des arguments valables.

Des avantages ou des inconvénients?

Contrairement au cannabis combustible, les aliments au THC font effet sur une longue durée. Le docteur Grinspoon explique que les effets psychotropes peuvent se faire sentir pendant 12 heures. Pour les patients médicamentés qui souffrent de douleurs chroniques, il s’agit d’un avantage majeur. Or, quelqu’un qui dévore une barre de chocolat au cannabis risque d’en subir les effets pendant toute la journée. C’est encore plus problématique si la personne en question ne savait pas que la friandise contenait de ce cannabinoïde. Ce genre de scénario risque de causer une bonne crise de panique. Heureusement, il semble que ces cas ne sont toujours pas fréquents au Canada.

Le docteur Grinspoon affirme qu’après 25 années de pratique, il a eu à gérer plusieurs cas similaires. Afin d’éviter bien des désagréments, il propose que les aliments au cannabis soient seulement offerts sous forme de pilules peu appétissantes et sans saveurs particulières. Grinspoon estime qu’une telle loi contribuerait à protéger les animaux de compagnie, les enfants, et même les adultes peu accoutumés au cannabis.

Si l’intention du bon docteur est louable, il faut avouer qu’elle risque d’être très peu populaire auprès de l’industrie alimentaire et des consommateurs. De plus, il ne faut pas oublier que ne nos jours, il suffit d’un message texte pour qu’un revendeur illicite de cannabis se précipite chez vous avec un sac remplit de bonbons à la fois délicieux et bourrés de THC. Dans un tel contexte, les pots de pilules risquent d’être peu populaires!

Sources:

Health.Harvard.edu