Déjà avant la légalisation du cannabis récréatif au Canada, plusieurs avocats s’inquiétaient des problèmes légaux encourus par les voyageurs à la frontière. En effet, certains témoignages datant de cet été laissaient croire que les douaniers américains allaient se montrer particulièrement sévères à l’endroit des Canadiens, surtout ceux suspectés d’avoir des liens avec l’industrie du cannabis. Malheureusement, il semble que ces inquiétudes étaient fondées.

Des politiques frontalières controversées

Rappelons que plusieurs États américains permettent l’utilisation du cannabis récréatif. Par contre, cette plante demeure illégale selon les lois fédérales américaines. Ainsi, les douaniers américains ont clairement fait savoir aux voyageurs canadiens que le simple fait d’admettre avoir déjà consommé de la marijuana pourrait leur valoir une interdiction de séjour permanente en Amérique. De plus, les douaniers prévoyaient à l’origine bannir les Canadiens qui travaillaient dans l’industrie de la marijuana. Cette dernière politique a été récemment assouplie. Ceux et celles qui œuvrent dans ce secteur peuvent donc traverser la frontière, à condition que leur voyage ne soit pas relié à leur emploi.

Des mesures exceptionnelles

Plusieurs Canadiens se sont rendus à la MJBizCon de Las Vegas, une conférence majeure qui rassemblait les plus grands acteurs de l’industrie du cannabis. Selon Rod Elliot, de la firme de consultation Global Public Affairs, lui et 25 autres voyageurs ont dû se plier à un second contrôle de sécurité de la part des agents de la sécurité frontalière américaine. En raison des délais causés par le zèle des douaniers, plusieurs durent prendre un second vol le lendemain pour se rendre à la conférence. Rod Elliot se dit d’ailleurs convaincu que les agents américains visaient spécifiquement les Canadiens qui tentaient de se rendre à cette conférence. Les agents s’étaient postés à des endroits stratégiques afin d’intercepter tous les voyageurs ciblés, bien qu’ils ne soient pas en infraction.

L’avocat torontois Henry Chang se spécialise en immigration. Il est bien au fait de la situation tendue qui règne à la frontière depuis de 17 octobre dernier. Il déconseille aux voyageurs d’attirer l’attention sur eux, notamment en évitant de s’habiller à la mode hippie ou en portant des vêtements qui dégagent une odeur de cannabis.

Sources :

CBC.ca