Autant au Canada qu’aux États-Unis, le chanvre regagne ses lettres de noblesse. De plus en plus, cette culture s’impose comme la plante du 21e siècle. Il n’est donc pas surprenant que les entrepreneurs canadiens entrent en collision frontale avec leurs compétiteurs américains. La compétition dans ce domaine s’annonce déjà féroce.

Une plante qui s’impose

La NOCO Hemp Expo se déroulait à Denver en mars dernier. En 2013, 300 personnes y assistaient. Cette année, 10 000 visiteurs étaient au rendez-vous. Cela ne surprend guère Elizabeth Knight, une organisatrice de l’événement. Madame Knight rappelle que le chanvre représente plus de 50 000 différentes applications, et que toutes les industries peuvent en bénéficier. C’est le cas pour les secteurs de l’alimentation, du textile ou de la construction.

Un peu comme lors du Rural Summit, le cannabidiol (CBD) a retenu l’attention lors de cette conférence. Cette substance peut être extraite du chanvre, et les témoignages d’utilisateurs suggèrent qu’elle possède des vertus anti-inflammatoires, antidouleurs et relaxantes.

Deux visions différentes

Jeff Kostuik, un représentant d’Hemp Production Services, explique que l’approche canadienne diffère de celle de nos voisins du sud. À en croire Kostuik, les producteurs canadiens se concentrent sur la production de graines de chanvre destinées à l’industrie alimentaire. Les cœurs de ces graines peuvent être utilisés directement dans les recettes. Alternativement, l’huile de chanvre est également idéale pour la préparation d’aliments santé.

À l’inverse, les Américains se lancent dans une production massive de CBD. Monsieur Kostuik croit que cette mystérieuse substance a une plus grande valeur, mais qu’elle représente également plus de risques. Il est difficile de déterminer sa valeur en raison de la forte spéculation boursière. 

En 2017, les fermiers américains cultivaient 35 000 acres de chanvre. Cette année, les estimations suggèrent que ce nombre pourrait passer à 150 000 à la fin de 2019. En comparaison, les Canadiens plantèrent 138 000 acres de chanvre de 2017. Par contre, ce nombre à fortement diminué en 2018, car les Chinois nous font désormais compétition sur le marché asiatique.

Ainsi, bien que l’avenir du chanvre est assuré, la compétition sera féroce pour tirer notre épingle du jeu sur le marché mondial.

Sources:

Producer.com