Santé Canada dévoilait récemment la réglementation qui va encadrer la vente d’aliments et de boissons au cannabis. Déjà, les représentants de l’industrie alimentaire critiquent des mesures jugées comme étant trop strictes. La question des emballages risque de faire particulièrement suer les professionnels du marketing!

Des emballages neutres

Si vous désirez vous lancer dans la production de boissons infusées au THC, sachez que le contenant de vos breuvages devra être d’un rouge criard. De plus, il faudra le tapisser d’avertissements reliés à la santé. Comme si ce n’était pas suffisant, la bouteille devra être particulièrement difficile à ouvrir. Au final, ces contenants donneront l’impression de contenir des déchets radioactifs. Nous sommes ici bien loin du design épuré de nos superbes canettes de Kombuchanv!

Terry Donnelly, le PDG de Hill Street Beverage Company, estime que ces réglementations sont ridicules. De tels produits ne risquent pas d’être très attrayants pour la clientèle. Cela dit, il faut garder à l’esprit que c’est précisément l’objectif recherché par Santé Canada. Les responsables de ce ministère ne désirent pas encourager la consommation des dérivés du cannabis.

Des appellations mystérieuses

En plus d’être peu appétissantes, les bouteilles seront soumises à des règlements stricts en matière de vocabulaire. Les mots reliés à l’industrie de l’alcool comme « vin » ou « bière » seront proscrits. Les compagnies alimentaires devront donc se montrer très créatives pour décrire leurs produits. Si nous prenons l’exemple d’une boisson sans alcool au THC qui goûte le vin, il sera interdit de mentionner à partir de quel type de grappes ladite boisson est produite. Les consommateurs risquent donc d’avoir beaucoup de mal à comprendre ce qu’ils achètent!

Monsieur Donnelly estime que ces règlements désavantagent fortement l’industrie légale du cannabis. En effet, il a eu l’occasion de voir les produits qui sont sur le marché noir. Il explique que ces derniers sont réalisés de manière très professionnelle et que leur look est pour le moins spectaculaire. Dans ce contexte, Donnelly croit qu’il serait préférable que le gouvernement permette aux entreprises de se battre à armes égales avec le crime organisé. 

Même approche pour la nourriture

De leur côté, les aliments seront limités à 10 milligrammes de THC par portion. Comme dans le cas des boissons, ces produits de devront pas être trop tentants. Attendez-vous donc à des emballages recouverts d’avertissements inquiétants. Santé Canada suggère également aux nouveaux utilisateurs de s’en tenir à des dosages maximaux de 2,5 milligrammes pour les premières consommations. Le ministère déconseille aussi de fumer du cannabis après la consommation d’aliments, le mélange pouvant se révéler un peu trop intense.

Plusieurs estiment que bien que louable, cette volonté de prioriser la sécurité des consommateurs risque de pousser ces derniers vers le marché noir. C’est notamment le cas de Dana Larsen, un activiste pro cannabis très impliqué dans l’industrie. Il compare la limite de 10 milligrammes aux petits flacons d’alcool vendus dans les avions, de manière à éviter que les passagers ne s’enivrent trop. Toujours selon Larsen, la sécurité qui entoure les aliments au cannabis est excessive. Il estime que ces derniers posent moins de risques pour la santé que l’alcool, et qu’il n’y a pas de raison de les réguler avec une si grande fermeté. Ajoutons que les aliments disponibles sur le marché semi-légal contiennent habituellement entre 50 et 60 milligrammes de THC par consommation. Les amateurs de ce type d’aliments sont donc déjà habitués à des doses relativement élevées.

En plus de forcer les patients médicamentés à passer la journée à manger plusieurs portions simplement pour ressentir un effet salvateur, l’aspect environnemental de cette réglementation inquiète monsieur Larsen. Effectivement, les portions individuelles de nourriture devront systématiquement être emballées. Très rapidement, cela va représenter des quantités astronomiques de plastique.

Par contre, Dana Larsen admet que cette réglementation offre certains avantages. Par exemple, les produits seront désormais très bien dosés. Les consommateurs sauront donc précisément combien de THC ils ingèrent. Ce n’est pas le cas avec la nourriture présentement offerte sur le marché noir. De plus, la qualité des cannabinoïdes utilisés sera garantie par des laboratoires professionnels.

La sécurité avant tout

Finalement, il semble que cette seconde phase de la légalisation du cannabis soit surtout axée vers les nouveaux utilisateurs. Ceux et celles qui n’osaient pas se procurer des aliments et des breuvages sur le marché noir pourront désormais expérimenter avec des produits faiblement dosés. Bien que cette approche ne satisfasse pas les consommateurs de longue date, Santé Canada s’assure ainsi de minimiser les risques de crises de panique et d’ingestion accidentelle. Rappelons que les premiers aliments et breuvages au cannabis devraient arriver sur les tablettes vers la mi-décembre, soit dès l’approbation des premiers produits.

D’ici là, sachez qu’il est tout de même possible de profiter de dérivés alimentaires du cannabis sans THC. Il suffit d’aller faire une balade de voiture dans la belle région du Centre-du-Québec. Vous y trouverez notre charmante boutique-comptoir au 330 rue Lindsay, à Drummondville! Nos repas santé sont cuisinés à base de chanvre. Cette variété de cannabis ne cause pas d’hallucinations, mais est réputée pour ses propriétés alimentaires exceptionelles. Notre équipe vous proposera de délicieux plats adaptés à vos goûts!

Sources:

VancouverSun.com

Globalnews.ca

CBC.ca