Le cannabis médical peut offrir des avantages non négligeables à ceux et celles qui doivent composer avec l’épilepsie au quotidien. En effet, plusieurs cannabinoïdes contenus dans cette plante possèdent des vertus uniques qui ne se retrouvent pas ailleurs dans le monde botanique. Depuis des années, plusieurs utilisateurs de marijuana choisissent de s’automédicamenter. Désormais, c’est l’industrie pharmaceutique qui se tourne vers cette alternative naturelle et efficace.

Une maladie répandue et handicapante au quotidien

Rappelons que l’épilepsie est une condition neurologique qui entraîne de brusques changements cérébraux. Lorsque cela se produit, les patients subissent des crises qui impliquent souvent des convulsions et une perte de motricité. Ces spasmes répétés causent également de l’inflammation musculaire et des douleurs chroniques. Cette maladie atteint environ 1 % de la population canadienne, soit aux alentours de 300 000 personnes. Dans les cas les plus sévères, les personnes atteintes de cette affliction peuvent subir plus d’une centaine de crises par jour.

Des alternatives naturelles qui proviennent du cannabis

Le cannabis contient plusieurs composés uniques appelés cannabinoïdes. À ce jour, certains estiment qu’il en existe 113 différents. Il est même possible que ce nombre augmente en raison de l’intérêt grandissant de la communauté scientifique pour cette plante. Quoi qu’il en soit, dans le cas de l’épilepsie, le THC et le CBD sont les deux principaux cannabinoïdes qui nous intéressent.

Le THC

Le THC est une substance qui possède d’impressionnantes vertus anticonvulsives. De plus, ce composé du cannabis est excellent pour réduire l’inflammation musculaire et les douleurs. Cette substance peut être fumée, mais aussi ingérée sous forme de pilules ou de gouttes de concentré liquide. Ces dernières se mélangent d’ailleurs très bien aux aliments ou aux breuvages.

Cela dit, le THC entraîne également des hallucinations sensorielles conséquentes. Plus la dose consommée est élevée et plus les effets psychotropes seront intenses. Ce cannabinoïde demeure cependant une option très intéressante, car il fait effet en moins d’une heure une fois qu’il a été ingéré.

Le CBD

Quant à lui, le CBD permet également de réduire les tremblements et convulsions. Il est aussi réputé pour sa capacité à réduire les douleurs inflammatoires. Contrairement à son cousin le THC, il ne cause pas d’effets hallucinogènes. Les patients peuvent donc en consommer au quotidien sans handicaper leurs capacités physiques ou cognitives. En raison de cet avantage majeur, le CBD a retenu l’attention des grandes compagnies pharmaceutiques.

Les scientifiques de GW Pharmaceuticals sont d’ailleurs responsables de la création de l’Epidiolex. Ce médicament est conçu pour traiter les formes rares d’épilepsie qui résistent aux traitements conventionnels, comme le syndrome de Dravet. Dans sa version la plus récente, le médicament permet de réduire le nombre de crises de plus de 40 % chez les patients. Mieux encore, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a autorisé en 2018 l’utilisation du produit, confirmant par la même occasion l’efficacité médicale du CBD.

Vers des changements législatifs bénéfiques aux épileptiques

L’efficacité de la marijuana médicale attire aussi l’attention des médias du monde entier. Des cas récents, notamment celui du jeune britannique Billy Caldwell, furent tellement médiatisés que certains gouvernements autrefois opposés au cannabis considèrent désormais des changements législatifs majeurs. Il ne serait d’ailleurs pas surprenant que le Royaume-Uni procède à une légalisation progressive des dérivés médicaux du cannabis au cours des prochaines années, suivant les recommandations de leur conseillère principale en matière de santé publique.

Ainsi, le cannabis peut être bénéfique à ceux et celles qui souffrent d’épilepsie et qui peinent à trouver une façon de contrôler leurs symptômes. Si le THC a depuis longtemps démontré son efficacité en la matière, il est maintenant aussi possible d’utiliser le CBD pour parvenir aux mêmes résultats. Informez-vous auprès d’un spécialiste afin de découvrir les différentes alternatives qui s’offrent à vous en fonction de votre style de vie et de la sévérité de vos symptômes.

Sources : Association québécoise de l’épilepsie, Wikipedia et Independent