Dans certains États américains comme New York, il est parfaitement légal de faire la vente de CBD. Ce cannabinoïde est déjà utilisé à toutes les sauces. Il est possible d’en retrouver dans les aliments, ou encore dans des produits de soins pour le corps. Cela dit, le gouvernement fédéral désire mieux encadrer l’industrie qui entoure ce composé non hallucinogène du cannabis.

Un marché chaotique

Présentement, les produits à base de CBD sont très peu contrôlés aux États-Unis. Ces derniers se sont d’ailleurs multipliés dans la dernière année, suite au passage du Farm Bill de 2018. Cette nouvelle loi a autorisé la culture du chanvre à la grandeur du pays. Or, il se trouve que le CBD peut justement être extrait de cette plante.

Pour le moment, la Food and Drug Administration a seulement approuvé l’utilisation de l’Epidiolex, un médicament à base de CBD destiné aux patients qui souffrent de certaines formes d’épilepsie. Les responsables de l’agence fédérale se montrent cependant suspicieux à l’endroit des centaines de produits offerts en ligne et sur les tablettes des dispensaires.

Certaines compagnies font des affirmations complètement frivoles à propos du CBD. Par exemple, des vendeurs peu scrupuleux affirmaient jusqu’à tout récemment que le CBD pourrait guérir à lui seul le cancer. Évidemment, rien ne suggère de tels effets. La FDA a donc dû envoyer plusieurs lettres pour exiger le retrait de ces déclarations trompeuses. Dans le même ordre d’idées, une étude de la Penn Medecine datée de 2018 suggère que 70% des extraits de CBD vendus en ligne n’identifient pas correctement la concentration du produit. Les clients potentiels ne savent donc pas si les produits proposés sont de bonne ou mauvaise qualité. 

Encadrer un nouveau produit

Présentement, les témoignages d’utilisateurs suggèrent que le CBD permet de réduire la douleur, les tremblements, l’inflammation et l’anxiété. Comme ces symptômes affectent un grand nombre d’Américains et de Canadiens, il n’est pas surprenant que ce dérivé du cannabis soit très en demande. Cet intérêt soudain de la FDA fait d’ailleurs l’affaire de plusieurs entrepreneurs qui espèrent tirer profit du CBD.

C’est notamment le cas de Robert Posenato, le propriétaire de Hudson Valley CBD, une boutique qui vend du chanvre en ligne et du CBD dans ses dispensaires de New York. Comme bien d’autres américains, monsieur Posenato a découvert le CBD en raison de ses troubles de santé. Il explique qu’il ne s’agit pas d’une substance miraculeuse. Cette dernière ne fera pas disparaître toutes vos douleurs et votre stress. Cela dit, elle permet de mieux gérer ces problèmes au quotidien. Même les animaux malades peuvent en bénéficier et regagner une qualité de vie digne de ce nom. Plusieurs vétérinaires espèrent d’ailleurs être autorisés dans un futur proche à prescrire ce cannabinoïde aux chiens et aux chats.

Robert Posenato estime aussi qu’un meilleur encadrement va être bénéfique pour l’industrie. Selon lui, les entrepreneurs aux pratiques douteuses seront naturellement éliminés, alors que ceux qui testent rigoureusement leurs produits seront favorisés. En plus d’imposer des règles strictes, l’implication de la FDA pourrait rapidement conférer une meilleure réputation à ce cannabinoïde encore méconnu du grand public.

Un cannabinoïde qui fait jaser

La FDA prévoit tenir une consultation publique le 31 mai à propos des produits dérivés du cannabis, notamment le CBD. Cet exercice risque d’ailleurs de faire couler beaucoup d’encre. À ce sujet, les journalistes du USA TODAY Network ont analysé plus de 550 commentaires d’internautes à propos de cette consultation. Ces messages incitent majoritairement la FDA à faire preuve d’ouverture à l’endroit du CBD. Bien que la lecture de commentaires ne soit pas particulièrement scientifique, il est clair que la population est curieuse à l’endroit de cette substance. De plus, plusieurs propriétaires de dispensaires expriment leur envie de faire le commerce des produits à base de CBD.

L’intérêt de la Food and Drugs Administration pour le CBD ne concerne pas seulement que les États-Unis. Ce cannabinoïde retient énormément l’attention des Canadiens. Les extraits de CBD sont extrêmement en demande partout au pays, et les producteurs autorisés de cannabis peinent à combler la demande. Les compagnies alimentaires font d’ailleurs front commun afin de pouvoir commercialiser des aliments et boissons à base de cannabis. Dans ce contexte, il ne serait pas surprenant que Santé Canada s’inspire de l’exemple américain pour réguler l’utilisation et la vente du CBD.

Sources:

PennMedicine.org

Lohud.com