Quelques mois après la légalisation du cannabis au Canada, quelques tendances intéressantes se dégagent des statistiques des ventes. Bien qu’il soit possible de commander de la marijuana par internet du confort de votre salon, la plupart des amateurs de cette plante préfèrent se rendre dans une boutique physique.

Le Québec, un exemple frappant

Dès les premiers jours de la légalisation, il y avait seulement une succursale de la Société Québécoise du Cannabis (SQDC) pour 700 000 citoyens. Bien que le nombre de points de vente augmente progressivement, plusieurs Québécois doivent toujours parcourir de longues distances pour se rendre à une succursale physique. Malgré cette embûche, 80% des revenus de la SQDC proviennent des ventes directes en magasin, et non du site web. Des chiffres semblables sont observables dans le reste du pays. 94% des ventes proviennent directement des succursales en Nouvelle-Écosse, et ce pourcentage grimpe à 95% au Nouveau-Brunswick.

Selon les analystes, les délais de livraison des premiers mois n’expliquent pas à eux seuls cette tendance étonnante. Deepak Anand, le PDG de Materia Ventures, affirme que les Canadiens préfèrent se rendre dans les boutiques physiques car il est possible d’interagir avec des commis qui possèdent une expertise en la matière. En moyenne, il semble que les provinces qui possèdent un grand nombre de boutiques de cannabis font des ventes plus élevées que les provinces qui offrent peu de points de vente.

Un produit unique

Michael Armstrong est un professeur d’entrepreneuriat associé à l’Université de Brock. Il n’est pas surpris de ces résultats. Selon lui, malgré l’efficacité des sites de vente, le cannabis se prête mieux à la vente physique. En effet, plusieurs consommateurs préfèrent voir et même sentir le produit avant de faire l’achat. Les nouveaux utilisateurs veulent également être guidés vers un choix pertinent, un peu comme dans un magasin d’alcool.

De plus, le professeur Armstrong souligne que les achats en ligne laissent des traces. Vos relevés de crédit mentionnent effectivement votre historique d’achats, y compris la nature de ces derniers. Ces données révèlent donc l’ampleur de votre consommation de cannabis. Plusieurs consommateurs préfèrent éviter cette situation et payer en argent comptant.

Les experts en cannabis ont donc encore de belles années devant eux. Leur profession risque d’être en demande bien longtemps!

Sources :

GlobalNews.ca