La décision de l’Alberta Gaming, Liquor and Cannabis (AGLC) d’imposer un moratoire sur les permis de vente de cannabis fait plusieurs mécontents. Certaines compagnies américaines critiquent cette décision qui vient contrecarrer leurs projets d’expansion. Les représentants de l’industrie estiment qu’il s’agit d’une réaction exagérée à un problème qui risque de se résorber de lui-même.

L’exemple des États américains

Dan Rowland a dirigé les affaires publiques de Denver pendant de nombreuses années. Il a d’ailleurs recommandé aux responsables municipaux de poursuivre l’émission de permis de vente, même quand le Colorado connaissait de sérieux problèmes d’approvisionnement. Rowland offre maintenant le même conseil au gouvernement provincial de l’Alberta.

Rappelons que le Colorado comptait 322 boutiques de cannabis un an après la légalisation de la substance, pour une population de 5.7 millions de personnes. Désormais, cet État en compte environ 550. En comparaison, l’Alberta n’en compte que 65 pour une population de 4.3 millions de résidents.

Toujours selon Dan Rowland, le moratoire est une réaction démesurée de la part de l’AGLC. Selon lui, dans un système privatisé, il vaut mieux poursuivre l’émission de permis et laisser les entrepreneurs décider s’ils désirent aller tout de même de l’avant même si le cannabis se fait rare. Rowland estime que les gouvernements sont déconnectés de la réalité, et que leurs décisions sont encore teintées par la culture de prohibition.

Un moratoire qui profite aux criminels

Le docteur Dr Jim MacRae est un analyste de Seattle qui œuvre dans l’industrie du cannabis. Ce dernier a également une opinion très négative du moratoire albertain. Il qualifie même cette décision « d’idiotie absolue », car elle profiterait surtout au marché noir. MacRae estime que plus le gouvernement ralentira artificiellement l’entreprise privée, plus les consommateurs prendront l’habitude d’aller vers les revendeurs illicites.

De son côté, la porte-parole de l’AGLC explique que l’Alberta est la province qui possède le plus de boutiques de cannabis. Ainsi, il serait normal que la demande draine une plus grande quantité de cannabis qu’ailleurs au pays.

Sources :

CalgaryHerald.com

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