La semaine dernière, nous apprenions que les policiers de Toronto doivent respecter une période d’abstinence de cannabis de 28 jours avant de se présenter au travail. Évidemment, dans ces conditions, il est quasiment impossible pour eux de consommer cette substance. Le syndicat de ces policiers s’insurge contre cette mesure qualifiée d’irréaliste.

Un règlement injuste et impossible à appliquer?

Les responsables de la Toronto Police Association, un syndicat qui représente 8000 membres des forces de l’ordre, estiment que la nouvelle politique anti-cannabis est arbitraire et impossible à appliquer.

Mike McCormack, le président de la TPA, souligne que de telles restrictions ne peuvent s’appliquer qu’aux policiers. Selon ce dernier, la logique voudrait que tous les premiers répondants soient soumis à ces mêmes exigences. De plus, il devrait en être de même de tous ceux et celles qui conduisent des véhicules motorisés. De plus, comme l’exposition à la fumée secondaire demeure une possibilité, il devient impossible de dire si un policier consomme de la marijuana ou s’il fréquente seulement des personnes qui en fument régulièrement.

Défendre les libertés individuelles

Depuis l’annonce de politiques similaires pour divers métiers, plusieurs voix s’élèvent pour défendre les libertés individuelles des citoyens. À ce sujet, le syndicat des policiers de Toronto souligne que la loi stipule que tous les Canadiens peuvent désormais consommer du cannabis légalement. Dans cette logique, on ne devrait pas réprimander un policier qui fait le choix de fumer une substance désormais autorisée. L’essentiel est que l’employé soit apte à exécuter son travail et ne soit pas handicapé par d’éventuels effets hallucinogènes.

Notons qu’il est fort probable que ce débat prenne de l’ampleur au cours des prochaines semaines. Déjà, plusieurs juristes argumentent à propos de la légalité d’une interdiction complète du cannabis. Seulement chez les forces de l’ordre, les policiers d’Edmonton et de Calgary sont sensés ne jamais consommer cette plante. D’autres services, notamment à Montréal, Ottawa ou Vancouver, n’appliquent pas de politiques particulières au sujet du cannabis.

Source : CTV News