Quelques mois après la légalisation du cannabis au Canada, il semble que les ventes stagnent dans certaines provinces. Cette situation touche plus particulièrement la Saskatchewan. Pourtant, d’autres provinces rapportent d’excellentes ventes. Cela pourrait s’expliquer par des habitudes de consommation différentes, mais aussi par un marché noir qui est particulièrement vivace dans certaines régions des prairies.

Des chiffres anormaux

Dans une entrevue accordée à Global News, Allen Kilback dépeint un portrait plutôt moribond du début de l’année 2019. Ce dernier est le propriétaire de la boutique Eden, un dispensaire de la région de Regina. Il explique que ses ventes demeurent plutôt basses depuis la période des fêtes. Il estime que la compétition légale n’explique pas complètement ce phénomène. Malgré de faibles revenus, le cannabis est très populaire dans la région de Régina. Kilback croit plutôt que les revendeurs illicites de cannabis s’en mettent plein les poches.

Selon les données de Statistiques Canada, 16% des habitants de la Saskatchewan et de l’Alberta affirment consommer du cannabis. La logique voudrait donc que les ventes soient similaires. Étrangement, les ventes de cannabis en Saskatchewan ont été limitées à 2,5 millions de dollars entre octobre et décembre 2018. Pour la même période, l’Alberta a engrangé des revenus des 33 millions de dollars. Il s’agit d’une différence massive entre deux provinces qui sont pourtant voisines. 

Les suspects habituels

Un porte-parole du service de police de Régina affirme que malgré sa légalisation, le cannabis demeure une substance de choix sur le marché noir. Cette plante est souvent saisie lors des perquisitions policières depuis octobre dernier.

En plus des problèmes d’approvisionnement, le prix du produit serait au cœur de ce problème. Allen Kilback explique que ses clients se plaignent régulièrement du prix élevé du cannabis. Évidemment, ce dernier ne peut pas compétitionner avec les revendeurs de drogues. En plus d’inclure le prix des taxes, il doit également faire assez de profits pour payer son loyer et ses employés. Il semble donc que le pari du gouvernement soit un échec sur ce point. La qualité supérieure du cannabis légal ne suffit pas à convaincre les clients de débourser plus, du moins pour le moment.

Afin de survivre, les commerçants de la Saskatchewan doivent offrir un service de qualité supérieure. Plusieurs, dont Allen Kilback, offrent déjà la possibilité de livrer du cannabis directement au domicile des clients. Malgré cette bonne volonté, il n’en demeure pas moins que le combat des prix demeure en faveur du crime organisé.

Sources :

GlobalNews.ca