La légalisation du cannabis n’est pas seulement une bonne nouvelle pour les consommateurs de la substance. En effet, dès le 17 octobre prochain, les scientifiques pourront également étudier facilement cette plante sans avoir à obtenir d’autorisations particulières de la part du gouvernement.

Des recherches désormais nécessaires

Dans ce contexte de légalisation, il n’est plus possible de se contenter de simples observations anecdotiques. Autant le gouvernement canadien que les industries privées veulent des données précises pour mieux comprendre le cannabis. Dès 2016, le gouvernement fédéral avait d’ailleurs versé un montant de 1,4 million de dollars afin de financer 14 projets de recherche différents. Voici un aperçu de certains d’entre eux.

Comment est-ce que le cannabis influence les différentes communautés culturelles?

Bien que le cannabis sera bientôt légal à la grandeur du pays, il est nécessaire d’adapter le matériel informatif aux différentes ethnies.  Par exemple, les Innus ont probablement un rapport différent envers cette plante que les Chinois. Ainsi, le Centre for Addiction and Mental Health s’est donné pour mission d’étudier l’impact de la marijuana dans différentes communautés culturelles. Le projet sera mené par Sergio Rueda dans quatre provinces différentes.

Quels sont les bénéfices scientifiquement démontrables du cannabis médical?

Récemment, le cannabis médical a fait couler beaucoup d’encre. Cette tendance s’est accentuée en 2018 avec le développement de l’Epidiolex, le premier médicament à base de cannabis à être approuvé par la FDA américaine. Dans cette optique, une équipe du centre de recherche de la McMaster University va se pencher sur différents aspects du cannabis pour évaluer les bénéfices réels. La capacité des cannabinoïdes à réduire les douleurs et l’inflammation sera d’ailleurs mise à l’épreuve. Parions que l’industrie pharmaceutique suivra cette étude de près.

La fumée secondaire du cannabis, c’est dangereux?

Partout au pays, les différentes municipalités sont pressées de légiférer sur la consommation publique de cannabis. Si certaines villes calquent leurs lois sur celles qui concernent le tabac, d’autres préfèrent bannir complètement la consommation extérieure de marijuana. Prudence ou excès de zèle? La docteure Pamela Kaufman de l’Université de Toronto tentera de répondre à cette question. Ainsi, elle ajoutera des questions concernant l’exposition quotidienne au cannabis à son questionnaire annuel. Ce dernier évalue déjà les niveaux d’exposition à la cigarette et au tabac. Elle pourra donc ensuite comparer les données d’avant la légalisation avec celle des prochaines années.

Est-ce que le cannabis influencera le bilan routier annuel?

C’est une question qui revient fréquemment depuis l’annonce de projet de loi C-45 du gouvernement libéral. Plusieurs s’inquiètent d’une hypothétique hécatombe routière causée par la consommation de marijuana au volant. Bien que les statistiques américaines indiquent déjà qu’il est très peu probable qu’un scénario semblable survienne, les chercheurs du CAMH se pencheront sur la question. Cette étude qui bénéficie d’une subvention fédérale de 919 065 dollars a pour mission de déterminer quels sont les impacts du cannabis sur les conducteurs âgés de 19 à 45 ans. Plus précisément, comment est-ce que le THC influence les réflexes et les capacités cognitives des conducteurs et conductrices? Comme l’étude ne se terminera qu’en 2020, il faudra patienter avant d’obtenir des données claires.

Les jeunes canadiens particulièrement à risque de succomber à la tentation du cannabis?

Le premier ministre Justin Trudeau justifie la légalisation du cannabis par une volonté de protéger la santé des Canadiens. Sur ce point, Statistique Canada confirme que près d’un tiers des jeunes consomment de la marijuana d’une façon ou d’une autre. D’ailleurs, les taux sont particulièrement élevés dans la tranche d’âge des 15 à 24 ans. Zach Walsh est un psychologue rattaché à la University of British Columbia. Il tentera de comprendre l’intérêt exceptionnel que portent les jeunes à cette plante. Afin d’y parvenir, il lancera bientôt une étude à long terme qui ciblera 500 étudiants du campus de la UBC. Il invitera donc ces derniers à partager leurs croyances et attitudes envers la marijuana.

Sources : Leader Post et The Tyee