Les journalistes de l’émission Enquête ont récemment semé le doute en suggérant que l’industrie canadienne du cannabis était déjà infiltrée par la mafia. De leur côté, les responsables gouvernementaux défendent la fiabilité du système actuel. Est-ce que les tentacules du crime organisé s’enroulent déjà autour de nos producteurs de marijuana?

Un reportage qui fait des vagues jusqu’à Ottawa

Selon le reportage d’Enquête, Santé Canada a octroyé des permis de production de cannabis à des compagnies qui emploient des associés du crime organisé. Les principaux intéressés seraient notamment reliés à la mafia, et à la famille Rizzuto. Toujours selon les journalistes de Radio-Canada, un trafiquant de drogue bien connu serait parvenu à conclure une transaction importante avec un producteur de cannabis de premier plan. Ajoutons que pour le moment, les noms des individus et des compagnies n’ont pas été révélés pour des raisons légales.

Suite à la diffusion du reportage, les responsables de Santé Canada ont déclaré que rien ne prouve que le crime organisé a bel et bien infiltré les producteurs agréés de cannabis. Quant à elle, Ginette Petitpas Taylor affirme que le système de vérification actuel est exhaustif et efficace. De son côté, Bill Blair, le ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, a réitéré que le processus actuel de vérification des antécédents judiciaires est très fiable. Le gouvernement libéral ne croit donc pas que la mafia contrôle secrètement cette nouvelle industrie, mais l’opposition ne partage pas cet optimisme.

Un système critiqué par l’opposition

Quant à lui, le député du parti conservateur Gérard Deltell en a profité pour souligner que des problèmes reliés à la vente de cannabis émergent déjà. Rappelons que ce dernier s’était habillé en noir la journée de la légalisation de cette substance, afin de souligner qu’à ses yeux il s’agissait d’un « jour sombre » pour le pays. Ce reportage lui donne donc de nouvelles munitions pour attaquer le gouvernement Trudeau.

Alexandre Boulerice, député élu du NPD, abonde dans le même sens en affirmant qu’il est essentiel de découvrir qui contrôle vraiment les producteurs de cannabis. Selon lui, le système actuel permet aux criminels de simplement légitimer leurs activités en investissant dans cette industrie naissante.

Sources :

Forbes.com

Radio-canada.ca

CBC.ca

'