Un commerçant du centre-ville de Toronto vient d’intenter une poursuite de 1,1 million de dollars en dommages contre le gouvernement de l’Ontario. Le principal intéressé estime que la fameuse loterie du cannabis, qui déterminait qui aurait droit à un permis de vente, lui a causé de grands problèmes économiques. Il désire donc être dédommagé pour ce processus qu’il qualifie d’injuste. Est-ce que d’autres commerçants de la ville reine s’inspireront de son combat?

Des investissements majeurs

Chris James est le propriétaire du commerce Cannabis & Coffee. Lorsque le gouvernement Ford a annoncé la privatisation de la vente de cannabis en Ontario l’été dernier, l’entrepreneur s’est rapidement jeté sur l’opportunité. Il a donc fait des investissements majeurs afin de devenir propriétaire d’un café qui en plus d’offrir de délicieux cappuccinos, permettrait à ses clients de repartir avec du cannabis. Cette manœuvre impliquait évidemment la location de locaux, l’achat d’équipement et le paiement d’employés.

Malheureusement pour Chris, l’Alcohol and Gaming Commission of Ontario (AGCO) limita le nombre de permis de vente dans toute la ville à un total de 25. Cette décision était justifiée par la soudaine pénurie de cannabis qui affecte toujours le pays. Afin d’obtenir l’un de ces précieux documents, il fallait s’inscrire à une véritable loterie du cannabis. Ce processus complètement aléatoire et coûteux a été fortement critiqué par les entrepreneurs d’ici et d’ailleurs. Des compagnies américaines comme Green Growth Brands s’insurgent d’ailleurs de cette façon de faire qui nuit à leurs plans d’expansion.

Des entrepreneurs en colère

Daniel Sommers est l’avocat chargé du dossier, il travaille pour le compte du bureau Sommers Business Law. Ce dernier estime que la décision du gouvernement ontarien d’imposer un système de loterie s’explique par de l’incompétence bureaucratique. Son client s’insurge non seulement de ses pertes financières, mais aussi du système en place.

Présentement, de parfaits néophytes du cannabis bénéficient par hasard un permis de vente, alors que des entrepreneurs chevronnés investirent inutilement des sommes considérables dans le projet. Pire encore, les chanceux qui mirent la main sur un permis de vente sont désormais affiliés à des géants du cannabis qui utilisent leurs dispensaires comme des facades pour écouler leur marchandise.

Sources :

Business.financialpost.com