Pour les employeurs canadiens, gérer l’usage de cannabis chez les employés se révèle être un défi de taille des mois après la légalisation de la plante. Avec les moyens actuels, il est très difficile de déterminer si quelqu’un est affecté par le THC ou pas. Pour simplifier les choses, certains employeurs imposent des limites drastiques.

Les limites de la technologie

Présentement, il n’est pas possible de déterminer si quelqu’un est sous l’effet du THC ou pas. Les tests d’urine et les analyseurs d’haleine ne font que confirmer si l’employé a consommé du cannabis dans les derniers jours. Dans ce contexte, plusieurs employeurs préfèrent appliquer une politique d’abstinence complète.

C’est notamment le cas chez Essential Energy Services, une compagnie de Calgary qui se spécialise dans l’extraction de pétrole. Garnet Amundson, le chef exécutif de l’entreprise, explique que ce problème inquiète particulièrement les employeurs du domaine minier, forestier et de la construction. Comme les travailleurs de ces secteurs sont à risque d’être blessés s’ils ne sont pas suffisamment concentrés, plusieurs compagnies préfèrent ne pas courir le risque d’engager des consommateurs de cannabis.

Tim Salter oeuvre pour la Drug and Alcohol Testing Association of Canada. Il explique qu’en raison de ces zones grises, il est impossible de déterminer si un accident est survenu en raison du THC. Monsieur Salter croit que la faute revient en partie au gouvernement, qui n’aurait pas suffisamment préparé la légalisation du cannabis.

Une tempête dans un verre d’eau?

Malgré tout, les récentes statistiques suggèrent que la légalisation du cannabis récréatif n’a pas eu un si grand impact dans le milieu du travail. Selon un sondage réalisé chez les membres de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, 85% n’ont pas eu à traiter de dossiers reliés à la consommation de drogues depuis la légalisation du cannabis. De plus, 81% des conseillers en ressources humaines affirment ne pas appliquer de nouvelles politiques à ce sujet. Pour finir, 93% des répondants n’observèrent pas de hausse du nombre d’accidents de travail depuis le 17 octobre dernier.

Il semble donc que pour le moment, la problématique du cannabis au travail soit avant tout un problème légal. Fort heureusement, nous sommes bien loin d’une hécatombe sur les chantiers.

Sources:

TVAnouvelles.ca

CBC.ca