Si certaines communautés autochtones sont divisées par la question, celle des Tyendinagas d’Ontario mise sur le cannabis récréatif. En quelques mois seulement, des dizaines de dispensaires de cannabis ouvrirent leurs portes sur le territoire de cette nation amérindienne. Bien qu’il s’agisse d’une source de revenus importante, l’aspect légal de la chose soulève un débat juridique.

La capitale ontarienne du cannabis

La réserve des Tyendinagas ne compte qu’environ 4000 âmes. Cependant, une cinquantaine de boutiques de cannabis s’y font compétition pour attirer les visiteurs. Cela équivaut à un ratio d’une boutique pour tous les 80 habitants. Lors d’un passage par la route principale de l’endroit, vous aurez l’occasion de voir des dizaines de panneaux publicitaires à l’effigie de la célèbre feuille verte. Inutile de dire que les touristes locaux se laissent facilement tenter par les charmes de cette petite communauté.

Défier la loi provinciale

Afin d’exploiter un commerce privé de marijuana en Ontario, il faut avant tout se doter d’un permis de l’Alcohol and Gaming Commission of Ontario. Or, les nombreuses boutiques mentionnées précédemment n’en possèdent pas. En fait, les commerces légaux de marijuana vont seulement faire leur apparition en 2019 en Ontario. Pour le moment, les résidents de cette province doivent commander la marchandise en ligne.

Selon l’avocat torontois Jack Lloyd, les commerces amérindiens profitent d’un flou juridique. En effet, toute la question de la gouvernance autochtone entre en jeu. Ainsi bien que les entrepreneurs autochtones contreviennent à la loi provinciale sur le cannabis, leurs commerces pourraient être légitimes si l’on prend en compte le droit de gouvernance des réserves.

Maître Lloyd, qui est spécialisé dans les cas reliés au cannabis, affirme que les Amérindiens entendent bien défendre leurs droits économiques. Il ne serait donc pas surprenant qu’une longue bataille juridique se profile à l’horizon pour les entrepreneurs de la nation Tyendinaga.

Source : Globalnews.ca

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