Ceux et celles qui s’intéressent à l’industrie du cannabis ont probablement entendu parler de la pénurie qui afflige le Canada. Nous avons d’ailleurs couvert le sujet à de maintes reprises au cours des derniers mois. Un expert canadien va à contre-courant en affirmant qu’en réalité, la pénurie de cannabis n’existe pas. Il s’agirait plutôt d’une mauvaise compréhension de l’offre et de la demande à l’intérieur du marché canadien.

Où trouver du cannabis?

Michael Armstrong est un expert de l’industrie canadienne du cannabis. Il œuvre présentement pour la Brock University. Selon lui, il y a suffisamment de cannabis de disponible au pays. Le problème, c’est que la majorité des réserves appartiennent aux revendeurs du marché noir.

Afin de remédier à la situation, les producteurs autorisés doivent non seulement augmenter exponentiellement leur production, mais aussi offrir différentes variétés de la plante à des prix suffisamment bas. Présentement, le marché légal est un nouveau joueur dans une industrie qui est déjà très bien rodée et qui est dominée par les fournisseurs illicites.

Un défi de taille

Les derniers chiffres fournis par Santé Canada suggèrent que pour satisfaire les consommateurs, les producteurs doivent fournir 77 000 kilogrammes de cannabis par mois. En novembre dernier, seulement un huitième de cette quantité avait été mis en marché. Malgré l’ampleur du travail à accomplir, le professeur Armstrong se montre optimiste. Il croit qu’au rythme actuel, la quantité nécessaire de cannabis pourrait être atteinte dès l’an prochain. Présentement, la production légale s’accroît d’environ 12% mensuellement.

Nick Pateras, un autre expert de l’industrie affilié à Lift & Co., abonde dans le même sens que le professeur Armstrong. Il croit que les producteurs vont parvenir à maintenir la cadence d’ici l’an prochain. Par contre, il prévient que la légalisation des aliments infusés au cannabis risque de changer la donne. En effet, ces produits requièrent énormément d’extraits de CBD et de THC. Il faudra donc augmenter encore plus la production de plantes pour arriver à satisfaire les consommateurs qui préfèrent cette méthode de consommation. Certains estiment que 60% des amateurs de cannabis préfèrent les aliments aux fleurs séchées.

Source : https://www.thestar.com