Un sondage conduit pour le Programme canadien de surveillance pédiatrique (PCSP) nous apprend que la moitié des pédiatres du Canada ont eu affaire dans le cadre de leurs fonctions à une utilisation du cannabis médical chez les mineurs. Ce résultat surprenant soulève la controverse chez les professionnels de la santé.

Un sujet controversé dans la communauté scientifique

Le cannabis médical a fait couler beaucoup d’encre au Canada ces dernières décennies. De nos jours, les propriétés de cette plante sont de mieux en mieux documentées. Ceci dit, son utilisation par des enfants demeure un sujet délicat, surtout chez les pédiatres. En effet, plusieurs s’inquiètent des effets néfastes qu’une consommation régulière de THC pourrait avoir sur le cerveau des jeunes.

Les résultats de ce sondage en ont donc surpris plus d’un. Richard Bélanger, le responsable de ce sondage, mentionne : « Nous pensions que c’était moins que cela. Le message le plus important ici, c’est que le cannabis n’est pas seulement un enjeu chez les adultes, que ce soit pour l’usage récréatif ou médical. Parfois, lorsque nous considérons ce traitement, nous avons tendance à oublier les enfants et ça ne devrait pas être le cas. »

Une substance peu connue des professionnels de la santé

Le même sondage révèle également que 49% des pédiatres canadiens ne savaient pas qu’il était légal de prescrire des dérivés du cannabis aux mineurs. Seulement 34 répondants ont déjà prescrit du cannabis à leurs jeunes patients.

Parions que l’association systématique de la marijuana au THC contribue à stigmatiser la substance. Effectivement, le THC est le composé actif de la plante qui entraîne des hallucinations sensorielles. S’il est vrai que des recherches supplémentaires doivent être conduites pour bien comprendre les effets du THC sur les jeunes cerveaux, d’autres composantes du cannabis offrent des bénéfices thérapeutiques significatifs. Nous pouvons notamment penser au cannabidiol (CBD) ou encore aux terpènes qui permettent de traiter différents problèmes de santé, sans pour autant causer d’effets psychotropes.

Sources : L’Actualité, Global News et The Globe and Mail