La culture de matières organiques en laboratoire ne date pas d’hier. Cette technique permet de créer dans une éprouvette différentes matières bio organiques comme la levure. En se basant sur ce principe, des entrepreneurs canadiens eurent l’idée ingénieuse de cultiver des cannabinoïdes en laboratoire. En procédant ainsi, il n’est plus nécessaire de cultiver des milliers de plants de cannabis pour récolter leurs précieux composés.

Vers une extraction de masse

La compagnie canadienne Organigram est bien connue dans l’industrie du cannabis. Cette dernière vient tout juste d’investir 10 millions de dollars dans la compagnie montréalaise de biotechnologie Hyasynth Biologicals. Kevin Chen, son fondateur, expliquait au Financial Post que cet investissement lui permet de voir grand. Bientôt, ses installations lui permettront de produire des cannabinoïdes biosynthétiques comme le CBD ou le THC en vrac. Ces précieuses substances qui sont tant en demande par l’industrie du cannabis seront extraites à partir de cultures de levure.

Monsieur Chen ajoute qu’il ne croit pas mettre un terme à la culture classique de plants de cannabis. En effet, il estime qu’il y aura toujours un marché pour les fleurs de cette plante. En plus de rechercher des sensations agréables, les fumeurs tendent à accorder une grande importance à l’odeur des terpènes. Cela dit, tous les produits alimentaires infusés au CBD ou au THC pourraient théoriquement être conçus à partir de cannabinoïdes biosynthétiques.

Un processus nécessaire

David Eisley est le chef exécutif de Cardiol Therapeutics, une autre compagnie canadienne qui crée de manière synthétique du CBD pour l’industrie médicale. Monsieur Eisley croit que cette nouvelle façon de cultiver les cannabinoïdes va rapidement s’imposer. En effet, avant de pouvoir commercialiser un nouveau médicament à grande échelle, il est avant tout nécessaire de s’assurer que l’on peut obtenir ses composantes à prix modique.

Cultiver les cannabinoïdes en laboratoire permettra également de découvrir les secrets bien cachés du cannabis. Présentement, le CBD et le THC retiennent toute l’attention de l’industrie en raison de leurs vertus thérapeutiques évidentes. Cela dit, plusieurs autres composés comme le cannabigérol (CBG) ou le cannabichromène (CBC) pourraient avoir des usages insoupçonnés. Ces derniers n’ont jamais été étudiés en profondeur, car personne n’y a consacré les montants nécessaires. La possibilité de produire en vrac ces cannabinoïdes plus difficiles à extraire permettrait d’ouvrir de toutes nouvelles avenues de recherche.

Sources:

fr.wikipedia.org

JournalPioneer.com