De nos jours, la culture du chanvre a le vent dans les voiles. Partout au Canada et aux États-Unis, les producteurs se tournent vers cette variété de cannabis sans THC. Le chanvre est cultivé à des fins alimentaires, industrielles, textiles et pour son fameux cannabidiol (CBD).

En revanche, cette plante a longtemps été interdite en raison de sa ressemblance avec le cannabis récréatif. Ainsi, les techniques pour la cultiver sont en partie oubliées. Les experts américains tentent présentement de redécouvrir les meilleures méthodes pour en faire la culture de masse.

Beaucoup de questions sans réponses

Angela Post est une scientifique spécialisée en cultures agricoles. Elle explique que cette plante a été bannie des États-Unis au début du siècle, mais que le Farm Bill de 2014 a changé la donne. C’est après l’adoption de cette loi qu’elle a obtenu le mandat de découvrir les secrets du chanvre.

Chaque semaine, des dizaines d’agriculteurs la contactent pour lui poser des questions en rapport avec cette culture si prometteuse. Or, elle doit souvent leur avouer son ignorance. Les Américains ne savent toujours pas quelles sont les meilleures techniques pour cultiver le chanvre, ni même quelles sont les espèces d’insectes nuisibles à éloigner.

Bien que les chercheurs canadiens s’intéressent au chanvre depuis les années 1990, leurs recherches sont basées sur le climat canadien. Il est impossible de simplement appliquer ces découvertes à l’environnement américain.  Ainsi, nos voisins du sud doivent redécouvrir cette variété de cannabis si méconnue.

Un sentiment d’urgence

Les scientifiques américains sont présentement sollicités de toute part par les producteurs de cannabis. En effet, le Farm Bill de 2018 a complètement légalisé la culture de cette plante. Il s’agit d’un changement drastique qui ouvre soudainement un énorme marché. Comme le Canada a une avance non négligeable dans ce domaine, les chercheurs des États-Unis mettent des bouchées doubles pour rattraper leur retard.

Pour le moment, les chercheurs se concentrent sur les variétés de chanvre utilisées pour produire des fibres textiles et des aliments. Le principal défi d’Angela Post et ses collègues est de déterminer les proportions idéales de nutriments à utiliser dans l’environnement américain. En effet, un fermier de New York n’utilisera pas le même ratio de nitrogène, de phosphore et de potassium que son collègue de Californie.

Par la suite, les chercheurs devront déterminer quels sont les meilleurs pesticides pour protéger le chanvre des insectes nuisibles. Il sera également intéressant de voir si les recherches d’Angela Post pourront contribuer à convaincre la Food and Drugs Administration d’assouplir sa position face au fameux CBD.

Sources :

ScientificAmerican.com