La Colombie-Britannique est célèbre pour ses paysages à couper le souffle et ses nombreux sentiers pédestres. Plusieurs amateurs de camping en profitent pour apporter leurs réserves de cannabis en visitant cette région unique du Canada.

Le Metro Vancouver’s North Shore Rescue (NRS) tente présentement de décourager les randonneurs de consommer de la marijuana dans la nature. Selon les responsables de cette organisation, il est beaucoup plus sécuritaire de faire usage de cette substance dans le confort de votre salon plutôt qu’au grand air.

Une question de sécurité publique

À quelques mois de la légalisation du cannabis récréatif au Canada, les sauveteurs du NRS craignent une hausse de la consommation de cette substance dans les sentiers forestiers. Bien que cette pratique sera bientôt tout à fait légale, elle comporte également une part de risques.

Curtis Jones est l’un des membres de l’équipe de sauveteurs. Il souligne qu’il arrive que des randonneurs expérimentés parfaitement à jeun se perdent ou se blessent par accident. Ainsi, il est particulièrement risqué d’aller en forêt et de consommer du cannabis. C’est même davantage le cas si vous n’êtes pas habitué aux effets de cette plante. Les nouveaux consommateurs sont donc particulièrement à risque

Cannabis et camping?

Une simple consommation de cannabis n’est pas dangereuse d’un point de vue médical. Cependant, le THC entraîne des hallucinations sensorielles conséquentes. Selon Santé Canada, ce cannabinoïde peut causer de la confusion, un ralentissement des réflexes, des troubles de mémoire à court terme et même certaines hallucinations auditives ou visuelles. Ainsi, un utilisateur peu accoutumé à la marijuana pourrait confondre un simple hululement de chouette avec le cri d’une hypothétique créature assoiffée de sang. Évidemment, paniquer en pleine forêt par une nuit sans lune n’est jamais idéal pour votre sécurité.

Cela dit, certains exemples fournis par le NRS feront sourciller ceux et celles qui connaissent bien la marijuana. L’article rédigé par l’équipe de sauvetage fait notamment mention de campeurs ayant mélangé cannabis et ecstasy. Ces derniers se seraient poignardés mutuellement dans un épisode de délire psychotique. Évidemment, il y a fort à parier que l’ecstasy a joué un rôle prépondérant dans ce triste épisode digne d’un film d’horreur.

Dans le même ordre d’idée, le NRS met les joints de marijuana dans la même catégorie d’incidents que ceux reliés à la consommation d’acide. Parions que cette approche un peu caricaturale nuira au succès de cette démarche pourtant louable.

Des utilisations médicales acceptables en forêt?

D’autres intervenants ne sont pas complètement fermés à l’utilisation du cannabis en forêt. Bethany Rae, présidente de la compagnie Flower and Freedom, insiste sur la pertinence des dérivés médicaux de la marijuana.

Elle souligne notamment le fait que le cannabidiol (CBD) peut être utilisé pour soulager les douleurs et l’inflammation sans entraîner d’effets hallucinogènes aux consommateurs. Cette substance est donc idéale pour les balades en forêt. Surtout si vos muscles sont courbaturés après une longue journée à marcher avec des bottes mal ajustées!

Rae souligne que certaines recommandations du NRS sont tout à fait pertinentes. C’est le cas notamment de la suggestion de ne pas consommer de quantités importantes de THC en forêt pour les raisons évoquées plus haut. Elle ajoute également qu’elle et son organisation sont disposées à coopérer avec le NRS. Ils pourront ainsi fournir aux randonneurs des guides pertinents et au goût du jour à propos des effets du cannabis.

En conclusion, il est clair que dans un contexte de légalisation, certains adeptes de la nature vont décider d’amener une réserve de cannabis avec eux lors de leurs aventures. Il est donc essentiel de donner l’heure juste aux promeneurs pour qu’ils ajustent leur consommation en fonction de l’environnement dans lequel ils se trouvent, un peu comme avec l’alcool.

Sources : Global News, Northshore Rescue et Gouvernement du Canada

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